
E’nergys contribue au Portrait de l’industrie de l’efficacité énergétique au Québec

E’nergys a eu le plaisir de contribuer aux travaux ayant alimenté le Portrait de l’industrie de l’efficacité énergétique au Québec, une étude réalisée par la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal pour le Conseil québécois des entreprises en efficacité énergétique (CQ3E).
Présentée le 27 mai 2026 à Montréal, cette étude dresse un portrait complet de l’écosystème québécois : ses acteurs, son importance économique, son potentiel de développement ainsi que les principaux obstacles qui limitent encore la réalisation des projets.
Un levier essentiel, mais encore sous-utilisé
Le premier constat est clair : l’efficacité énergétique constitue un levier indispensable de la transition énergétique du Québec.
En réduisant et en optimisant la consommation, elle permet de limiter les besoins en nouvelles infrastructures de production, de transport et de distribution d’énergie. Elle contribue également à la gestion des périodes de pointe, à la résilience du réseau, à la réduction des coûts énergétiques et à la compétitivité des organisations.
Le potentiel demeure pourtant largement inexploité. Les bâtiments représentent environ 33 % de la consommation totale d’énergie au Québec, tandis que le secteur industriel en représente environ 36 %.
Dans les bâtiments commerciaux et institutionnels, le potentiel technico-économique de réduction est notamment estimé à :
20,7 %
de la consommation d’électricité
46 %
46 % de la consommation de gaz naturel
Ces résultats démontrent l’ampleur des possibilités offertes par la modernisation des bâtiments, l’optimisation des procédés industriels, la récupération de chaleur, les systèmes de contrôle et la gestion de la demande de puissance.
Une industrie importante pour l’économie québécoise
En comptabilisant les entreprises qui participent directement ou indirectement au secteur, l’étude estime que l’industrie québécoise de l’efficacité énergétique représente :
- près de 12 000 entreprises;
- environ 27 milliards de dollars de revenus annuels d’exploitation;
- près de 100 000 emplois directs et indirects.
Ces chiffres doivent être interprétés avec prudence, puisque plusieurs entreprises et travailleurs ne consacrent qu’une partie de leurs activités à l’efficacité énergétique. Ils témoignent néanmoins de l’importance économique de la filière et de sa présence dans toutes les régions du Québec.
Économiser l’énergie coûte moins cher que d’en produire davantage
L’un des enseignements les plus marquants de l’étude concerne la rentabilité collective de l’efficacité énergétique.
L’analyse de 606 projets réalisés dans le cadre du programme ÉcoPerformance – Bâtiments établit le coût moyen de l’énergie économisée à environ 2,98 ¢/kWh.
Par ailleurs, 98 % des projets analysés présentent un coût inférieur à 12 ¢/kWh, soit la valeur estimée par Hydro-Québec pour l’énergie évitée à long terme. Autrement dit, dans la grande majorité des cas étudiés, réduire la consommation coûte moins cher que produire et acheminer de nouveaux kilowattheures.
Les aides financières ont couvert en moyenne 46 % des coûts admissibles des projets analysés, faisant passer leur période moyenne de retour sur investissement de 10,9 à 5,9 ans pour les consommateurs.
Plusieurs obstacles restent à lever
Les entreprises consultées dans le cadre de l’étude identifient trois défis prioritaires :
01
La rentabilité apparente des projets
dans un contexte de faibles coûts de l’énergie
02
Le manque de connaissance
et de mobilisation des clients
03
Le manque de prévisibilité
des politiques publiques et du coût du carbone.
À ces enjeux s’ajoutent la fragmentation de la chaîne de valeur, le manque d’offres clé en main, la complexité de certains programmes d’aide financière et les difficultés de recrutement de professionnels qualifiés.
Le rapport souligne ainsi la nécessité de mieux coordonner les expertises nécessaires à un projet : analyse énergétique, ingénierie, financement, demandes d’aide financière, réalisation des travaux, mise en service et suivi des performances.
Transformer le potentiel en projets concrets
Parmi les pistes proposées, l’étude recommande notamment :
- un cadre réglementaire plus structurant;
- un signal de prix reflétant mieux les coûts du système énergétique;
- une plus grande cohérence et continuité des politiques publiques;
- l’optimisation des aides et des outils de financement;
- le développement d’initiatives de soutien à la filière;
- une meilleure intégration des services proposés aux organisations.
Ces conclusions rejoignent directement la vision d’E’nergys : permettre aux propriétaires immobiliers, aux industriels et aux institutions de passer d’un potentiel théorique à un projet finançable, réalisable et mesurable.
Notre approche intégrée couvre l’ensemble du parcours, de l’étude énergétique à la réalisation des travaux, en passant par l’ingénierie, la recherche d’aides financières, le financement, la mise en service ainsi que la mesure et la vérification des économies.
L’efficacité énergétique ne doit plus être considérée uniquement comme une dépense ou une obligation environnementale. Elle représente un investissement stratégique capable de réduire les coûts, d’améliorer la performance des actifs et d’accélérer concrètement la décarbonation des organisations québécoises.